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Docteur (commedia dell’arte)

Caractère : Premièrement « Docteur » ne veut pas dire médecin. C’est un titre qu’on donne par respect aux personnes savantes et le Docteur vous dira qu’il n’y a personne de plus savant que lui sur terre! Lui, il sait tout, il a tout vu, il affirme et impressionne mais raconte le plus souvent d’énormes bêtises.

Le Docteur est un idiot en vérité, un âne prétentieux. Toutes ces belles apparences ne lui servent qu’à se faire inviter chaque jour à dîner. Le Docteur n’est pas seulement sot et vaniteux, c’est aussi un pique-assiette et le roi des goinfres.

Le Docteur est aussi parfois avocat, juriste ou ministre d’un prince mais presque jamais médecin, et il a la réputation de toujours parler et de raisonner à tort et à travers. Il émaille ses discours interminables de citations latines hasardeuses et de maximes absurdes. Toute tentative qu’on fera pour l’interrompre est vouée à l’échec.

S’il est médecin, il relève plutôt du charlatan qui prescrit des remèdes farfelus. Son jeu de scène plus statique que celui de Pantalon consiste en jeux de mots et longues phrases vides de sens et s’appuie sur la pesanteur du personnage. Selon le canevas de la pièce jouée, il peut être l’opposant ou l’adjuvant de Pantalon.

Costume et masque : Ce personnage est un homme d’une soixantaine d’années au ventre proéminent et aux joues vineuses sur lesquelles ressort une grosse verrue. Un demi-masque sombre lui couvre le front et le nez seulement. Ce nez qu’il a plutôt imposant et charnu, parfois verruqueux, repose sur deux grosses moustaches noires.

Il porte, comme les savants de Bologne, une ample robe noire lui arrivant aux genoux et par-dessus, une autre de même couleur, plus longue. Son habit a une collerette blanche (souvent une fraise) et il se coiffe d’un bonnet de notaire ou d’un vaste chapeau de médecin.

Il est l’heure de se remettre au travail et à l’écriture des nombreux sujets qui appellent un billet. Le Blogule a profité de ses vacances d’été pour se refaire une beauté… Voici un article très spécial pour illustrer sa nouvelle identité graphique et mieux comprendre sa référence aux représentations médicales à travers les siècles et les scènes.

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La commedia dell’arte est le théâtre populaire italien tel qu’il était joué en Italie, à partir du XVIe siècle. Farces, burlesque, mimiques, pitreries et  bouffonneries, demandez le programme !

Les troupes de comédiens voyagent de ville en ville, au gré des accueils et des représentations données sur leurs tréteaux. Les discours sont cesse renouvelés suivant l’improvisation qu’inspire le lieu, les circonstances, le temps… et sont agrémentés d’abondants et irrésistibles jeux de scène. (Pour avoir un aperçu des pièces de la commedia et de leur énergie, rendez-vous un soir aux représentations données par le Théâtre de la Comédie Italienne à Paris). A chaque comédien selon son caractère correspond un personnage stéréotype. Car la commedia est aussi une sévère caricature humaine et sociétale.

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La variété de personnages, ingénieux héros, fourbes vieillards ou jeunes premiers est appréhendée avec des stéréotypes, véritables images d’Epinal à l’italienne. Ainsi, le très connu Harlequin (valet bon vivant) et son opposé Scaramouche, les vieillards Pantalone (amoureux d’une jeune fille) ou le médecin, les soldats tel le brave Matamore, les amoureux à l’instar de Colombine. Ces rôles ne vous rappellent-ils rien ?

HERITAGE de la Commedia dell’arte

Les personnages

Le Docteur

Le Docteur

Le Docteur

Origine : Bologne

Profession : Savant, homme de loi, médecin aux remèdes plus ou moins farfelus,…

Le Docteur

Le Docteur

Symbolise… : Le pouvoir intellectuel.

Costume : Une longue robe noire, comme les hommes savants de Bologne, qui révèle toutefois des chausses noires, une robe plus courte, noire également, lui tombant sur les genoux. Il est coiffé d’une toque noire. Plus tard, on le voit portant également une large fraise et un feutre extravagant.

Masque : Oui.

Caractère et apparence : Il est gros, gras, et son ventre proéminent l’empêche de se pencher et le gêne à marcher. Il est tantôt l’ami, tantôt le rival de Pantalon, mais reste généralement moins important que ce dernier. Il est plus libidineux que son compère Pantalon. Il ne cesse de parler, de plus dans un latin de cuisine. Derrière ses grands discours se cache toutefois une profonde ignorance.

Les personnages de la Commedia dell’Arte

 

les-personnages-de-commedia-dell-arte Les personnages de la Commedia dell’Arte sont dits « archétypaux » ; ils revêtent des caractères et sont dotés de traits bien précis qui permettent, par ce qu’ils suggèrent, de dénoncer et de provoquer.  L’archétype permet d’identifier le personnage, même de loin, et comprendre ainsi en un quart de seconde, son caractère et ses objectifs. Le personnage de Commedia dell’Arte a pour objectif de représenter une partie de la société, et le canevas (le « scénario ») de représenter dans l’idéal, toute la société (homme, femme, bourgeois, noble, militaire, petit peuple, etc…).

Ces archétypes sont encore présents aujourd’hui et on les retrouve dans différents types de spectacles, ouvrages, dessins animés ou encore film. On peut par exemple citer Picsou comme digne descendant du Pantalon du XVIème siècle.

Le personnage de Commedia dell’Arte est identifiable par son costume et par son masque (ou maquillage), qui lui est propre et met en valeur la gestuelle, primordiale comme tout art de la rue, mais attention, ils peuvent être masqués ou non masqués. Les personnages féminins se jouent non masqués (car ils sont interprétés pour la première fois par des femmes!), ainsi que les personnages nobles et la jeunesse.

Faisons un tour d’horizon des personnages archétypaux de la Commedia dell’Arte, tels que la tradition (orale principalement), nous les a apportés.

Les personnages masqués

personnages-commedia-pierre-bergaigneLes serviteurs ou valets de la Commedia

Commençons par les serviteurs, les valets, appelés également les zanni. Les serviteurs doivent toujours trouver un emploi, le garder, ce qui n’est pas toujours chose facile, pour pouvoir vivre et manger. Ils s’emploient par conséquent à savoir tout faire, ou du moins le faire croire. Ce sont tous des personnages masqués et souvent les plus complices avec le public. Les Zanni sont des personnages populaires par excellence. Au sens étymologique d’abord, car ils représentent le peuple, au sens figuré ensuite, car ils sont les complices adorés du public.

  • Zanni
    Zanni est le serviteur originel (qui a donné son nom à tous les valets nés après lui), descendant directement des farces des bateleurs du Moyen-Âge. C’est surtout le plus bête et porte un masque composé d’un grand nez, signifiant le temps qu’une idée met pour arriver au cerveau. Il se déplace de la manière d’un oiseau. Il représente le chômeur longue durée comme on pourrait dire aujourd’hui, voire le SDF. Il est inspiré par les paysans italiens qui arrivaient en masse dans les villes, fuyant leurs villages détruits par les guerres de religion qui font rage à l’époque.
  • Arlequin
    Serviteur joyeux de Bergame, rusé à l’esprit vif, il réfléchit rapidement et sait se sortir de situations compliquées par une pirouette. Son costume se compose d’une veste et d’un pantalon cousus uniquement de pièces rapiécées colorées, indiquant sa pauvreté. Il est lui aussi à la recherche de tout emploi pouvant lui fournir une pitance. Arlequin serait inspiré des bouffons du carnaval (eux-même inspirés des fêtes Atellanes romaines) et devrait l’étymologie de son nom à la mythologie germanique (ref. Erlkönig) et française (ref. Hellequin) qui dans les deux cas sont des créatures du diable. Son masque porte une petite bosse au front. Certains disent qu’il s’agit d’une verrue (due à la saleté), d’autres avancent que c’est en coupant ses cornes diaboliques, que l’une d’elles n’aurait pas tout à fait disparue et aurait laissé l’empreinte d’une goutte de sang.
  • Brighella
    Brighella également un personnage malin de Bergame. C’est le plus intelligent des Zanni, il a réussi à trouver une petite place dans la société et représente notamment les petits artisans. Il a déjà les réflexes du courtisan face à ceux qui ont plus de pouvoir que lui.
  • Polichinelle
    le « petit poussin » de Naples (de son nom italien Pulcinella signifiant Poussin). Une légende raconte qu’un petit poussin n’arrivait pas à sortir de son œuf au pied du Vésuve. Il piaillait si fort qu’il réveilla le démon du volcan et celui-ci agacé par le bruit, rompit la frêle coquille. Il en sorti le petit poussin en l’attrapant par le dos, lui laissant sa marque : la fameuse bosse. Polichinelle peut être fourbe ou benêt, mais c’est un avant tout un grand fainéant et s’il lui arrive de réfléchir c’est afin de déterminé comment il pourra en faire le moins possible. On lui doit plusieurs citations, comme : « avoir un Polichinelle dans le tiroir» , ou avoir « un secret de Polichinelle», qui nous donne encore des indices sur le caractère du personnage.
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Les plus « vieux », les maîtres

La commedia dell’arte comporte aussi des personnages plus vieux, tels que :

  • Pantalon
    Marchand vénitien, sans qui aucune pièce ne pourrait être jouée, appelé « Le Magnifique », avec son caractère fort, impressionnant,  souvent riche mais très avare, qui essaie sans cesse de séduire les jeunes femmes en vain. Chez lui les sentiments passent après l’argent, le plus important c’est que ses affaires marchent. Il représente les commerçants et de manière générale les bourgeois.
  • Le Docteur
    Le Docteur représente les savants, ceux qui ont étudié (Docteur vient de Doctorat). Il peut être Docteur en Philosophie, en Mathématiques et bien sûr en Médecine. Le Docteur n’a pas le savoir-faire de sa fonction mais le fait croire. Ses longues phrases, souvent en latin, servent à embrouiller son interlocuteur  et masquer son ignorance. Il est souvent représenté de façon obèse, marquant son intérêt pour la bonne chère.
  • commedia_malicorne_sorciere_malicorne_cie_atoutvaLa Sorcière 
    La Sorcière est apparue au XXème siècle (Ecole Carlo Boso) pour faire le pendant au Docteur spécialiste des sciences naturelles, elle est, pour sa part, la référence dans les sciences surnaturelles. Elle apporte une dimension magique car elle peut concocter des potions. Son masque blanc en forme de chouette évoque la lune, et une vie de préférence nocturne. Comme elle apparue bien après, elle est le seul personnage féminin masqué).

Parmi les personnages de la commedia dell’arte masqués, Le Capitan, ou Capitaine,  se démarque, car il peut être maître et avoir des valets mais il également souvent au service d’un plus puissant. C’est un soldat, il représente une immense partie de la population au XVIème siècle, beaucoup d’hommes sont en effet enrôlés (souvent de force) dans l’armée. Le Capitan est fier, vaniteux et se pavane en racontant ses exploits, souvent inventés de toutes pièces et dissimule ainsi sa couardise. Il ne cache pas son intérêt pour les femmes. On lui a donné bien des noms selon les pays : Scaramouche, Spavento, Fracasse, etc…

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Les autres personnages non masqués

  • Les Amoureux (également appelés Jeune Premier et Jeune Première) : appartiennent à l’aristocratie ou à la bourgeoisie.  Ils sont naïfs et empressés. Leur caractéristique principale est qu’ils aiment, mais sons encore sous le joug de leurs parents. Sans eux aucune histoire ne pourrait être créée puisqu’ils sont à l’origine de l’action (amour contrarié avec conflit qu’il déclenche). Ce sont par exemple Roméo et Juliette chez Shakespeare, Clitandre et Lucinde chez Molière, Sylvia et Rosimond chez Maritaux, etc…
  • La Première actrice et le Premier acteur : représentent la noblesse. Ce pourrait être les même que précédemment mais ils ont grandi. Ils se sont émancipés et cherchent à gagner ou garder le pouvoir ou une situation. C’est Hamlet par exemple, ou Lady Macbeth.
  • La Servante : Elle est le pendant féminin d’Arlequin, avec un côté courtisane et entremetteuse. Elle mène à bien les intrigues de sa maîtresse et les siennes. On l’appelle Francisquina, Zerbinette, Claudine, Dorine, Lisette, etc…

 

En commedia : un comédien, un personnage, mais…

Nous venons  de décrire les principaux personnages avec leurs particularités. C’est à chaque comédien de se les approprier pour faire exister le personnage et la Commedia dell’Arte fonctionne à l’époque sur le principe de l’emploi : un comédien possède des caractéristiques physiques propres qui lui indiquent naturellement le personnage qu’il sera le plus à même d’incarner (grand, trapu, mince, ..)

C’est pourquoi les membres de la compagnie A Tout Va ! ont leur personnage fard – en effet, un acrobate incarnera plus volontiers un serviteur, comme Arlequin ; les comédiens aux physiques plus juvéniles se prêteront aux rôles de Jeune Premier(ère)  – Malgré tout, les comédiens aiment à jouer parfois à « contre-emploi » en incarnant des personnages différents, pour le plaisir du jeu, de la découverte, mais également dans un souci de faire évoluer les archétypes et de nourrir les personnages de Commedia dell’Arte avec ce qu’ils sont, et, par là, maintenir cet art : vivant !

https://www.youtube.com/watch?v=

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